Les vidéastes-journalistes : une nouvelle façon de produire l’information

Le journalisme peut être défini comme une activité qui consiste à recueillir, vérifier et commenter certains faits d’actualité selon l’article L7111-3 du code du travail, en respectant la déontologie du métier, répertoriée notamment dans la Charte de Munich signée en 1971.
Une telle activité, longtemps cantonnée exclusivement à l’impression papier, s’exporte au sein de multiples plateformes et interroge ainsi les critères de définition du journalisme.

L’internet : un bouleversement

L’expansion de l’internet a bouleversé de nombreux usages notamment dans le domaine de l’information. Certains médias traditionnels se lancent sur YouTube ou Twitter par exemple. D’autres médias sont créés de toute pièce sur ces plateformes.
L’enjeu du statut de presse en ligne est essentiel dans un contexte où de plus en plus d’informations circulent de plus en plus vite, qu’elles soient vérifiées ou non. Les journalistes ont alors un rôle incontournable, fournissant des informations vérifiées et sûres.

Journaliste : une définition nouvelle

Beaucoup de journalistes exerçant leur métier sur papier ou numérique considèrent leur profession au-delà du formalisme administratif de la carte de presse. Seuls les contenus et la manière dont ils sont produits devraient pour ces derniers, déterminer une telle qualification.
Les critères d’attribution du statut de journaliste basés l’article L7111-3 du code du travail, sont en décalage avec ces considérations. Ils accentuent les inégalités entre journalistes travaillant au sein de médias traditionnels et vidéastes. Ainsi, un.e journaliste travaillant en rédaction, sera considéré comme un journaliste professionnel et pourra obtenir la carte de presse. Un.e vidéaste n’aura pas doit aux mêmes égard, même si ses méthodes sont identiques à celles du journaliste écrivant pour des médias traditionnels.

En plus de questionner la définition même de journaliste, ces critères posent des problématiques de représentation.

Les critères évolutifs de qualification de service de presse en ligne

Photo by Austin Distel on Unsplash

Le SPIIL (Syndicat de la Presse Indépendante d’Information en Ligne) qui réunit des sites d’information en ligne travaille avec la CPPAP (Commission Paritaire des Publications et Agences de Presse) pour faire évoluer les critères de reconnaissance d’un média. Cette commission va délivrer des agréments permettant aux médias concernés de bénéficier de certains avantages, notamment fiscaux avec un taux de TVA abaissé (2,1% au lieu de 20%), d’exonération potentielle de la CET (taxe professionnelle) et ouvrant le droit à demander des aides à la presse.


Aujourd’hui, certains critères formels, hérités de la presse traditionnelle, entravent l’innovation. Par exemple, le média souhaitant obtenir le statut de service de presse en ligne, doit produire du contenu majoritairement écrit. Ces conditions d’attribution entrent ainsi en contradiction avec la manière dont l’information est produite en 2020. L’expansion perpétuelle du champ d’action du journalisme rend par essence ces critères obsolètes.

Dans le cadre de sa mission d’accompagnement des vidéastes, la Guilde des vidéastes cherche ainsi à faire évoluer ces critères de qualification afin que ces derniers s’adaptent aux réalités de la web création. Il appartient donc aux critères de s’élargir pour encadrer ces nouveaux usages.


Pour plus de détails, vous pouvez retrouver le Live ci-dessous :

Leave a Reply

Your email address will not be published.