Retour sur le Frames Pro.

La première édition du Frames Pro s’est déroulée du 18 au 20 septembre à Avignon. L’objectif était de faire se rencontrer vidéastes, diffuseurs et financeurs mais aussi de fournir des pistes aux vidéastes souhaitant développer des projets ambitieux. En marge de ces échanges, les vidéastes avaient la possibilité de discuter directement avec de potentiels partenaires, présents sur différents stands. Un espace commun de travail avait été aménagé. Des séances de mentoring étaient aussi dispensées à quelques vidéastes, préalablement sélectionnés pour leurs projets.

La Guilde des Vidéastes a pris part à cet événement dont voici le résumé général. Des comptes-rendus détaillés seront prochainement disponibles pour les adhérents.

Quatre grands thèmes ont été abordés au cours des différentes conférences, tables rondes et ateliers :

-> Le financement de projets

-> Les modes de production audiovisuelle

-> La gestion administrative et technique de l’activité de vidéaste

-> Discussions autour de la création

  • Le financement de projets

De nombreux producteurs et financeurs potentiels étaient présents lors de ces trois jours d’échanges. Cinq tables rondes abordaient cette étape cruciale de la production de contenus.

Tout d’abord, France.tv slash (Antonio Grigolini), Canal + Création Décalée (Matthieu Marot) , Mediawan (Marie de Maublanc), Tataki (Serge Gremion), le Festival du Court métrage de Clermont Ferrand (Julie Rousson) ou encore Radio Canada (Nathalie Chamberlan) ont exposé leurs appels d’offres aux vidéastes lors de la première conférence du 19 septembre : les « Pitchs Inversés« . Ces derniers ont détaillé leur ligne éditoriale, notamment l’âge moyen de leur public et leurs thèmes de prédilection, ainsi que le type de contenu qu’ils recherchent.

Le processus de création en collaboration avec des chaînes de télévision était d’ailleurs le sujet d’une autre conférence le jour suivant.

Julie Rousson (Festival du Court métrage de Clermont Ferrand) animait une deuxième table ronde : « La fiction, quelle économie, quel public ? ». Plusieurs professionnels (Zone 42, la SACD, France TV et Centurion films) ont exposé les principales difficultés de financement liées à la spécificité de ce type de contenu. Youtube et Wizdeo ont listé, le même jour, les connaissances fondamentales nécessaires pour « Travailler avec des marques ». Ces deux diffuseurs ont, entre autres, répondu aux questions suivantes :

– Comment se faire repérer ?

– Quelles sont les demandes types des marques ?

– Quel type de contenu proposer et à quel prix ?

Enfin, deux conférences, respectivement animées par Youtube et Tipee exposaient le fonctionnement du financement participatif. KissKissBankBank et Tipee ont notamment indiqué les prérequis nécessaires au lancement d’une campagne, le fonctionnement des commissions, et le nouveau service payant de Tipee.

Une conférence, animée par Youtube avait vocation à vulgariser les mécanismes de la « Monétisation, de A à Z ». La question principalement abordée était donc de savoir comment influencer le pourcentage de vues sur lesquelles des annonces sont apposées. D’autres modes de revenus alternatifs ont aussi été présentés afin de pallier les faibles fruits rapportés par certains types de contenus, n’entrant pas dans les conditions de monétisation optimale. Dans cette même lignée, un atelier, proposé par Utip, avait pour objectif de répondre à cette problématique « Peut-on rester créatif et bien monétiser son activité professionnelle ? » 

Au-delà du maintien de la créativité des vidéastes, cet atelier a surtout présenté les différents statuts applicables à l’activité de vidéaste, les modes de financement alternatifs et la monétisation possible (financement participatif, placement de produits…

  •  Les modes de production

Deux types d’évolutions ont été évoquées : l’évolution de son mode de production sur le plan individuel et les nouveaux processus de production collectifs.

Deux tables rondes abordaient l’évolution de la création audiovisuelle sur le plan individuel. La première, animée par Anonio Grigolini (France.Tv Slash), concernait « La vidéo verticale et ses enjeux en création et en distribution ». Enfin Magalie Payen (#Onestpret), Pauline Gil (Ecoprod), Andréa Vistoli (ET BIM) et Patrick Baud (Axolot) ont débattu autour de la question suivante « Produire en faisant du bien à la planète ». Deux types d’actions concrètes permettant de réduire l’impact carbone de la production audiovisuelle ont été proposées.

Deux autres conférences abordaient pour leur part, les modes de productions collaboratifs.

EllesFontYouTube, dont l’ambition est d’accompagner et de soutenir les femmes vidéastes, a présenté lors de deux conférences, un bilan de la nouvelle résidence proposée pour la première fois cette année à quelques créatrices, ainsi que les possibles lieux de création disponibles pour les vidéastes.

  • La gestion administrative et technique de l’activité de vidéaste

A chaque diffusion de contenu sur YouTube se pose la difficulté du strike, d’où l’importance pour les vidéastes de comprendre les arcanes du droit d’auteur. Trois conférences ont tenté de revenir sur ces droits.

La SCAM (Guillaume Thoulon) et la SACD (Isabelle Meunier), organismes de gestions de droits d’auteurs, ont animé conjointement un table ronde afin de répondre le plus simplement possible à cette épineuse question : « Être auteur, quels droits, quels devoirs ? ». Une séance de questions-réponses avec une avocate, ayant eu lieu le lendemain, a complété leurs dires. La SCAM s’est d’ailleurs présentée un peu plus longuement dans un atelier annexe et a soulevé les différents services qu’elle pourrait apporter aux vidéastes. Deux conférences abordaient des problématiques plus techniques relatives à la gestion quotidienne d’une chaîne YouTube.

Un premier atelier, organisé par Frames, a expliqué aux vidéastes comment déclarer leurs revenus en fonction de leur type d’entreprise (SARL, SAS), de leurs sources de revenus (Tipee, Utip), ou de leur statut (sous-traitant, intermittent). Les pénalités en cas de retard ou de non-versement ont aussi été présentées au cours de cet atelier « Top 10 des tips comptables pour les vidéastes ».

Enfin, au cours d’une conférence très attendue, YouTube a répondu aux questions des vidéastes concernant le fonctionnement de « L’algorithme de A à Z ». La question épineuse des paramètres sont pris en compte pour déterminer le référencement ou l’apparition dans les suggestions de contenu a notamment été abordée au cours de cette conférence.

Une autre conférence abordait la gestion d’audience des contenus multimédias en ligne. Médiamétrie, société spécialisée dans l’étude de la consommation multimédia des individus, a présenté ses fonctions et attributions aux vidéastes.

  • Discussions autour de la création

Quelques vidéastes ont tout d’abord présenté leurs projets à venir lors de deux cessions de Pitchs, une consacrée aux « Pitchs fiction » et l’autre consacrée aux « Pitchs réels ».

Une table ronde, animée par Arnaud Gantier (Stupid Economics), mettait en lumière les paramètres spécifiques à prendre en compte lorsqu’un vidéaste a pour sujet « La vulgarisation pour les plus jeunes ». Une autre table ronde, animée cette fois par le CNC Talents (Julien Neutres) avait pour sujet de discussion « [Le travail d’écriture] de la vidéo au cinéma ».

Enfin , un atelier, animé par 3 vidéastes, abordait « L’impact de la communauté sur la création ». Les créateurs du web ont ainsi évoqué la complexité et parfois conflictualité des rapports entre un vidéaste et sa communauté et notamment la gestion des commentaires négatifs.

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Rendez-vous des professionnels des vidéos du web francophone le FRAMES Pro. est le lieu où créateurs, diffuseurs et financeurs peuvent non seulement se rencontrer pour développer leurs projets, mais également participer à la réflexion de ce que peut être la création vidéo web de demain.

Conférences, ateliers et tables rondes ont permis de faire émerger des thématiques qui sont au cœur des problématiques développées par la Guilde des vidéastes. Forte de son implication dans le FRAMES Pro., et par son engagement pour la profession tout au long de l’année, la Guilde poursuit son travail de fond avec les différents acteurs de la filière.  


Gwendolyne Langlois

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